Avec le confinement et l’impossibilité pour les enfants de bouger autant qu’ils en auraient besoin, certains d’entre eux peuvent se montrer surexcités, sauter dans tous les sens et ne plus tenir en place.
Plus que jamais, confinement et enfants = mouvements !
Il est important de reconnaître que le besoin de mouvement est un besoin fondamental et de donner aux enfants des moyens et ressources pour vivre leur surplus d’énergie sans se faire mal, faire mal aux autres ou casser des choses dans la maison.
Les jeunes enfants sont programmés pour escalader tout ce qui est à leur portée.
Grimper, se hisser, franchir, courir, monter, glisser, sauter… ces mouvements ont une fonction positive pour le développement des enfants.
Quand les besoins de mouvement et de grand air ne sont pas comblés, les enfants sont physiquement en état de manque et peuvent montrer des signes de tension.
Le simple fait de changer la position du corps a des vertus calmantes
Il se trouve que les enfants savent en général ce dont ils ont besoin.
Par exemple, un enfant qui tourne souvent sur sa chaise à roulettes a probablement besoin de ce mouvement parce qu’il l’apaise.
La rotation sur une chaise a des effets potentiellement puissants parce qu’elle redonne à l’enfant l’ensemble des stimulations sensorielles qu’il aurait dû recevoir pendant la gestation, moment critique pour l’évolution de ses réflexes primitifs.
On comprend mieux l’effet des mouvements du corps sur la régulation émotionnelle et pourquoi certains enfants vont tout le temps se balancer sur leur chaise, se faire tourner ou faire des roues.
Plus nous bougeons, mieux nous sommes à même de réguler nos émotions et ceci est valable pour les adultes et les enfants.
Aussi pendant le confinement des enfants, des activités simples peuvent leurs être proposées comme des techniques d’auto-régulation :
- jouer à la statue : tout le monde danse sur la musique et doit s’immobiliser comme une statue à l’arrêt de la musique
- faire de la balançoire ou du toboggan pour celles et ceux qui ont un jardin
- bondir de manière rythmée
- bercer l’enfant
- sauter sur un petit trampoline d’intérieur
- traîner l’enfant à travers la maison sur une couverture ou dans un carton
- faire la ronde
- dévaler une pente en se roulant par terre pour celles et ceux qui ont un jardin
- tourner (cependant, la manière de tourner sur soi-même peut influencer l’état des enfants : un tour sur soi-même calme, stable et lent dans un seul sens a un effet calmant mais un tour sur soi-même rapide par saccade et multi directionnel peut entraîner une excitation)
- proposer à un enfant une petite course aller-retour ou sur place
- marcher sur une poutre (réelle ou imaginaire) ou sur une trace au sol à suivre (par exemple, les rainures du carrelage ou une ligne marquée au ruban adhésif au sol)
- toute autre activité physique sans notion de compétition, d’obligation ou qui peut mener à l’énervement (peur de rater, problèmes au sein d’une équipe, jeux agressifs qui dégénèrent en bagarre…).
Mettre la tête en bas, une idée bizarre mais efficace !
Le fait de mettre la tête en bas peut aider un enfant à revenir au calme lorsqu’il se fait submerger par ses émotions et son besoin de mouvement.
Se renverser stimule le système vestibulaire. Le système vestibulaire est un organe sensoriel, situé dans l’oreille interne, qui contribue à la sensation de mouvement et à l’équilibre.
Ce système sensoriel est responsable de notre équilibre, de notre orientation spatiale (savoir où notre corps se trouve dans l’espace) et la coordination de nos mouvements.
Des activités spécifiques de renversement peuvent être proposées à plusieurs occasions par jour, pendant quelques minutes, aux enfants qui ont tendance à s’agiter, à s’énerver facilement et rapidement, telles que :
- s’asseoir avec les pieds en l’air et la tête en bas sur le canapé
- pratiquer certaines postures de yoga (comme le chien tête en bas ou la salutation au soleil)
- pour les plus jeunes enfants, les asseoir sur nos genoux pour qu’ils renversent leur tête
- s’allonger à l’envers sur un gros ballon de gym
- faire des roues ou des roulades
- faire le cochon pendu dehors (sur un trapèze, des barreaux, dans une structure de jeux…)
- faire l’équilibre ou le poirier
Ainsi, quand un enfant s’agite, il peut être utile de lui proposer des activités qui impliquent le fait de renverser la tête.
Cela peut lui procurer la stimulation sensorielle dont il a besoin et participer à son retour au calme. Dans cette période de confinement des enfants, pensez-vous ! Cela marche.
Faire AVEC le besoin de bouger
(plutôt que contre le besoin de bouger)
Laisser les enfants bouger librement pendant les apprentissages scolaires
Quand un enfant bouge, se tortille, ne tient pas en place, c’est parce qu’il en a besoin (et pas pour embêter son monde ou se faire remarquer).
La solution la plus efficace est alors de laisser l’enfant bouger.
Si c’est possible, il vaut mieux interrompre l’activité scolaire en cours et permettre à l’enfant de se lever, de bouger franchement pendant plusieurs minutes afin qu’il décharge son énergie.
Par ailleurs, les devoirs n’ont pas besoin d’être faits assis, immobiles.
Autoriser les enfants à marcher, à se mettre la tête en bas ou encore à monter et descendre les escaliers pour réciter une poésie est beaucoup plus efficace.
Il n’est pas nécessaire d’être immobile et assis à un bureau pour apprendre.
L’enfant a un besoin vital d’achèvement de l’action.
Maria Montessori écrivait même qu’il serait utopique de croire que les enfants peuvent rester des heures sans bouger, sans exercer leurs capacités motrices : c’est guidé par leur nature qu’ils utilisent leurs muscles, leurs mains, leurs pieds pour explorer le monde.
Des aménagements pour permettre le mouvement lors du travail scolaire
En cette période particulièrement difficile de confinement, mieux vaut faire avec le besoin de bouger plutôt que contre le besoin de bouger.
Quelques aménagements simples à mettre en place peuvent être proposés :
- Faire bouger l’enfant avant une activité scolaire (ex : faire quelques étirements, courir, pousser contre le mur, taper des pieds…)
- Faire asseoir l’enfant sur un gros ballon de gym, plutôt que sur une chaise (il sera obligé de faire des mouvements pour trouver son équilibre)
- Proposer une balle antistress à malaxer
- Prévoir des pauses dans l’activité et autoriser les étirements ou certains mouvements
- Toujours autoriser le mouvement quand on voit que le besoin s’en fait sentir et que l’enfant s’agite de plus en plus.
La structure efficace du temps, de l’espace et des activités
Pendant le confinement offrir des repères permet de canaliser le besoin de bouger des enfants. Ces repères peuvent concerner trois éléments :
- structurer le temps
- communiquer avec des repères visuels (des pictos) et verbaux (ex : « après telle activité, c’est le moment de… »)
- utiliser des outils et supports visuels (ex : un chronomètre, un timer, un agenda…)
- rappeler le temps restant avant la fin d’une activité.
- structurer l’espace
- supprimer les éléments perturbateurs du bureau (ex : classeur, gadgets…)
- expliciter les règles selon les endroits et les espaces (ex: dans le jardin, OK pour courir, pas dans la maison)
- structurer les activités
- vérifier avec l’enfant s’il a le matériel nécessaire et complet avant de commencer l’activité.
- fournir une check-list avec des case à cocher pour le matériel et les cahiers nécessaires au travail demandé
- afficher un planning imagé de l’enchaînement des activités dans la journée
- découper une tâche importante en plusieurs petites étapes faciles et atteignables d’une manière séquencée (d’abord… puis… après.. ensuite…)
- permettre de pauses régulières (ex : 15 min de travail/ 5 minutes de pause).
A suivre : découvrez la suite des conseils pour gérer le confinement et les enfants dans la 2ème partie de cet article
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